lundi 14 mars 2022

11:03

LEGISLATIVES 2022 - Gemayel, pour un Liban fondé sur l'État de droit et le pluralisme

La source: Kataeb.org

« Seul un projet national autour duquel s'unissent les Libanais, sans distinction de communauté ni d'appartenance religieuse, pourrait sauver le Liban. »

Une déclaration signée Samy Gemayel. Le leader des kataëb a tenu ces propos lors d'un grand meeting à Paris, auquel assistaient des membres du Bureau politique, une foule de camarades, sympathisants et amis, ainsi que Kamal Tarabay, représentant du rassemblement libanais en France.

Gemayel a estimé que la menace majeure au Hezbollah est l’unité des Libanais, cause pour laquelle le « parti de Dieu » essaie de fomenter des troubles. Il a appelé à dépasser les obstacles et les peurs pour bâtir un nouveau Liban fondé sur l'État de droit et le pluralisme, avec une société civilisée et développée, soulignant la nécessité de tenir pour responsables tous ceux qui ont poussé le pays au bord de l’abîme. Objectif : mettre fin aux manigances de la classe dirigeante et sortir le Liban de la crise.

Il a en outre souligné que la rencontre qui a eu lieu à Beyrouth entre les groupes de l'opposition n'avait pas exclu les Kataëb, et qu’elle s’était tenue en coordination avec toutes les parties du front de l'opposition libanaise afin de parvenir à un terrain d'entente et d'unifier les efforts.

« Vous avez une grande responsabilité parce que vous avez la liberté de voter selon vos convictions, à l'abri de toute pression à laquelle les Libanais au Liban pourraient être exposés, notamment la menace des armes et la détérioration de la situation économique après le grand effondrement du pouvoir d'achat, qui les rend vulnérables à toutes sortes de tentations financières », a déclaré Gemayel.

Le leader des Kataëb a passé en revue les principaux événements qui se sont déroulés après 2005 et 2015, au cours desquels le Liban a été témoin de la fin de l'occupation syrienne et de la division de la population entre partisans du camp du 8 mars et ceux du 14 mars, dont les dirigeants ont été systématiquement assassinés.

« 2016, date du « compromis présidentiel. Les parties au pouvoir se sont soumises à la volonté du Hezbollah. Elles lui ont livré le pays après avoir élu leur candidat à la présidence, Michel Aoun », a noté Gemayel, soulignant que le parti Kataëb fut le seul à avoir refusé d'élire Michel Aoun et à se rendre à cette réalité, en l'absence de toute opposition.

Et d’ajouter : « Le pays est alors tombé aux mains d'une milice armée qui a pris le pays en otage. Cette milice prend la décision de la guerre et de la paix au Liban et à l'étranger, et détermine la qualité des relations entre le Liban et les autres pays, et tout cela en collusion avec la mafia politique qui dirige le pays. Les partis politiques qui ont participé aux gouvernements successifs ont accepté à l'unanimité les décisions désastreuses qui ont été prises : des faux budgets au renouvellement du mandat du gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salameh. Aujourd'hui ils tentent de se replacer au sein l’opposition ! ».

Gemayel a par ailleurs rappelé qu’en 2018, les Kataëb étaient les seuls à annoncer que le pays était sur le point de s'effondrer, que la livre libanaise perdrait de sa valeur, et que le Hezbollah contrôlerait le Liban. « Toutes les promesses de la classe politique, notamment l’extraction du pétrole et la création de projets grâce auxquels le Liban prospèrerait, se sont avérées fallacieuses et la vérité a émergé », a indiqué le chef des Kataëb.

 

Et de poursuivre : « Ceci a poussé les Libanais en 2019 à descendre dans la rue et à se révolter contre la classe dirigeante dans une magnifique scène qui a réuni le Liban du nord au sud. Face à cette réalité, le régime et la milice ont appliqué la méthode de la division pour régner, attisant les tensions sectaires et idéologiques dans un retour aux jours de guerre. Ce qui menace le plus le Hezbollah, c'est l'unité des Libanais. Il faudrait briser les barrières entre les Libanais et surmonter les préoccupations qui nous divisent afin d'instaurer un État de droit et un Liban civilisé et développé, gouverné par des personnes compétentes et intègres. Alors que le Liban regorge de compétences à différents niveaux, la classe dirigeante confie des postes ministériels à des personnes qui manquent de compétence et d'intégrité, et qui n’ont pas les diplômes requis. »

Le chef des Kataëb a en outre estimé que le Liban était aujourd’hui gouverné avec la mentalité d'une milice et celle de seigneurs de guerre qui recourent à la force et à la violence pour abolir leurs rivaux. Face à cette situation, il a appelé à briser les barrières et à surmonter les inquiétudes pour construire un nouveau Liban basé sur le droit et le pluralisme, un Liban civilisé et développé et dirigé par des hommes d'État compétents et intègres, qui placent les intérêts du Liban avant leurs intérêts privés et croient en la nécessité d'un changement démocratique.

Gemayel a appelé à voter « Kataëb » pour les trois raisons suivantes :

Premièrement : Parce que le parti n'a jamais menti aux Libanais et leur a dit honnêtement et franchement la vérité. Les Kataëb ont mis en garde contre les agissements de la classe dirigeante et n’ont pas dérogé à leurs principes. Lorsqu'ils ont dit qu'ils n'éliraient pas de candidat du Hezbollah et qu'ils ne se tairaient pas face à la corruption, ils ont exécuté ce qu'ils avaient promis.

Deuxièmement : Parce que le parti Kataëb possède un projet complet pour le Liban, qu'il annoncera le 30 mars. Ce projet couvre les aspects politiques, économiques et sociaux, y compris la santé, l’éducation et d’autres dossiers.

Troisièmement : Parce que les Kataëb ne compromettent pas l'intérêt du pays et seront fidèles à leurs promesses, et c'est ce qu'ils ont prouvé dans l’exercice de leurs fonctions au sein de la sphère publique.

Gemayel a par ailleurs évoqué l’importance de la participation des expatriés aux élections législatives, appelant tout le monde à voter lors du scrutin du 15 mai, une date fatidique pour changer le cours du déclin au Liban.

« Les résultats sont fort prometteurs selon les sondages d'opinion, et ce malgré toutes les tentatives de tromper les Libanais en répandant des rumeurs selon lesquelles ces élections ne changeront en rien la situation », a précisé Gemayel.

En réponse à une question sur l'existence de garanties internationales pour la tenue des élections, Gemayel a indiqué qu'il y a une forte pression internationale pour organiser les élections dans les délais constitutionnels, et que toutes les tentatives pour entraver la tenue du scrutin ont échoué, notamment l’affaire des Mégacentres de vote. Il a aussi dit œuvrer avec les parties de l’opposition à l’établissement d’un mécanisme de surveillance des urnes afin d’empêcher toute tentative de fraude le jour des élections.