jeudi 31 mars 2022

18:12

Le Hezbollah constitue le pilier de l’économie parallèle au Liban (Tawilé)

La source: Kataeb.org

Le président du conseil économique et social du parti Kataëb, Jean Tawilé, a estimé que toutes les composantes du Hezbollah sont indépendantes de la structure de l’Etat.

« Le Hezbollah possède ses propres institutions économiques, sociales et de santé, y compris des institutions coopératives, des hôpitaux, des stations-services et autres. L’économie du ++parti de Dieu++ constitue le pilier de l’économie parallèle au Liban, et ses transactions sont réalisées en dehors des institutions financières constitutionnelles libanaises », a déclaré Tawilé dans une interview accordée au site web « manateq.net ».

Et d’ajouter : « Selon les chiffres du FMI, l'économie souterraine en proportion du PIB était estimée en 2019 à 35 %. Après 2019, l’économie est devenue presque entièrement monétaire, permettant au Hezbollah de contrôler les fluctuations économiques et ses indicateurs, en particulier parce que le parti possède des ressources financières importantes. »

Tawilé a déploré l’isolement du Liban sur la scène mondiale et ses conséquences sur l’économie libanaise résultant des agissements du Hezbollah et de ses politiques souterraines.

« Le Hezbollah profite de la situation actuelle pour consolider sa mainmise sur le Liban et sur sa communauté sur laquelle il exerce un double pouvoir, économique et politique. C’est le cas, en particulier, dans la région de Baalbek-Hermel, où la majorité des habitants dépendent de la machine économique du Hezbollah pour survire, car ici la logique du mini-état l’emporte sur la véritable notion d’Etat. Le Hezbollah impose aussi ses politiques en matière d’éducation dans les écoles publiques, un atout électoral confortant ainsi à long terme ses assises dans ses bastions à travers le pays », a indiqué Tawilé.

Et de préciser : « Pour soutenir sa base électorale et apaiser les tensions au sein de sa communauté, le Hezbollah multiplie les programmes sociaux, notamment l’ouverture de coopératives alimentaires pour les détenteurs de la carte al-Sajjad, avec à la clef, d’importantes ristournes, au moins 30% sur les produits de première nécessité. Il y aussi la carte Al-Nour, distribuée aux familles des martyrs et des employés du Hezbollah. Elle permet d’avoir des réductions dans des supermarchés, magasins, ou dans certains hôpitaux, chez des dentistes ou pour des consultations médicales. »

Depuis fin 2019, la livre libanaise a perdu plus de 90% de sa valeur, et le salaire minimum mensuel ne vaut guère plus de 30 dollars au marché noir.