dimanche 3 avril 2022

12:19

Il faut créer une citoyenneté libanaise et protéger la diversité du Liban (Gemayel)

La source: Kataeb.org

Le chef du parti Kataëb, Samy Gemayel, était l’invité du premier épisode du podcast « Aux urnes citoyens ! » diffusé sur le site web du quotidien francophone libanais « L’Orient-Le Jour ». L’interview a été axée sur trois grandes thématiques : l’identité politique du parti Kataëb, sa stratégie pour combattre le Hezbollah, et sa vision de ce que doivent être l’État et l’économie libanaise.

« Notre objectif est d’offrir aux Libanais une alternative crédible basée sur un programme politique différent des autres. Le parti Kataëb a prouvé qu’il est fidèle à ses principes, qu’il n’a pas fait de compromis, qu’il n’a pas succombé aux tentations du pouvoir, et qu’il a toujours placé en premier les intérêts des Libanais et du Liban », a affirmé Gemayel.

Et de poursuivre : « Il faut avoir les épaules solides pour faire face aux défis liés aux Hezbollah et à la corruption et qui ont malheureusement détruit le pays. Les forces politiques qui ont adhéré aux compromis politique de 2016, voté en faveur de la loi électorale et des budgets et participé aux gouvernements successifs, sont tombés sous la pression de la rue le 17 octobre 2019. Nous étions dans la rue avec le reste des gens. Nous ne pouvons pas nous allier avec ces forces désavouées par la rue. »

Selon Gemayel, le parti Kataëb ne se considère pas comme étant un parti traditionnel puisqu’il œuvre à casser les lignes et à briser la monotonie dans la vie politique.

« Notre parti réalise une révolution au sein de la vie politique en choisissant de couper les ponts avec la mafia politique et d’aller vers un changement en profondeur. En 2016, grâce au compromis présidentiel, le Hezbollah a consolidé sa mainmise sur les institutions de l’Etat, notamment la Présidence de la république et le gouvernement. En 2018, il a obtenu la majorité au Parlement », a indiqué Gemayel.

Et d’ajouter : « Notre objectif aujourd’hui, c’est de reprendre cette majorité et de récupérer les institutions des mains du Hezbollah afin de dissocier le Hezbollah de l’Etat, comme c’était le cas entre 2005 et 2015. Aujourd’hui, la donne a changé. L’Etat paye le prix des agissements du Hezbollah. La communauté internationale et arabe ne fait plus de distinction entre les deux entités. Le pays est pris en otage par le Hezbollah. Il faut prendre une décision : est-ce qu’on veut se battre ou se rendre ? Les Kataëb ont choisi de se battre contre la milice armée et cette lutte à un prix. Nos membres ont été assassinés. Nous avons perdu des êtres très chers dans notre combat en faveur de la souveraineté du Liban. »

Gemayel a en outre accusé le Hezbollah d’avoir déployé tous ses efforts pour diviser les Libanais et attiser les tensions confessionnelles, au lendemain de la révolution du 17 octobre.

« Pour aboutir au changement et au désarmement du Hezbollah et de toutes les milices, il faut une forte représentation au parlement, une population déterminée à se mobiliser dans la rue, et une communauté internationale se portant solidaire avec le Liban. Le parti Kataëb va déployer tous ses efforts dans ce sens et exercer les pressions nécessaires », a affirmé Gemayel.

« Le système politique actuel a prouvé qu’il était incapable de créer une vraie citoyenneté, de rassembler les Libanais et créer une stabilité. Il faut trouver un système qui puisse atteindre deux objectifs : créer une citoyenneté libanaise et protéger la diversité du Liban. Ce processus ne peut être imposé aux autres. Il doit être mis en œuvre dans un esprit d’inclusion qui nécessite l’organisation d’une conférence « vérité et réconciliation » après les législatives », a ajouter Gemayel.

Et de poursuivre : « Mon projet politique soutient l’établissement d’un sénat qui protègerait la diversité, et encourage la décentralisation administrative afin de donner plus de prérogatives aux régions qui éliront leurs propres conseils locaux jouissant d’une indépendance administrative et financière. Ces changements vont permettre l’adoption d’un mode de scrutin uninominal sans quotas confessionnels. »

Selon Gemayel, l’indépendance de la justice, le développement économique, le renforcement des contrôles aux frontières et l’instauration de reformes ne pourront être réalisé aussi longtemps que le Hezbollah maintient sa mainmise sur le Liban par la force de ses armes.

« Nous proposons une période de transition post-électorale dirigée par un gouvernement formé de technocrates. Pour atteindre cet objectif, nous avons besoin de la confiance des électeurs dont les voix détermineront nos marges de manœuvre au parlement », a conclu Gemayel.