jeudi 7 avril 2022

13:03

Entretien Gemayel / Wronecka : l'espoir d'un renouvellement avec un scrutin sous contrôle international

La source: Kataeb.org

Le chef du parti Kataëb, Samy Gemayel, s’est entretenu avec la coordonnatrice spéciale des Nations Unies pour le Liban, Joanna Wronecka, au siège du parti à Saïfi. Une rencontre axée sur les derniers développements au Liban et dans la région. Il a notamment été question des préparatifs en vue des élections législatives libanaises du 15 Mai, et du soutien de la communauté internationale au bon déroulement du processus électoral.

Lors d’un point de presse, Gemayel a exprimé ses craintes quant à d’éventuelles fraudes et irrégularités électorales lors du transport des urnes en provenance de la diaspora.

« Nous n’avons aucune garantie que les urnes resteront scellées et que leur contenu ne sera pas modifié avant le dépouillement des bulletins de vote, le 15 mai. Nous avons proposé plusieurs solutions, entre autres celle de confier à une compagnie internationale d’audit la surveillance du processus de déchargement des urnes à l’aéroport de Beyrouth », a souligné Gemayel.

Et d’ajouter : « Nous avons également évoqué les enjeux post-électoraux, notamment au niveau économique. Chaque jour, plus de 20 millions de dollars sont prélevés des réserves obligatoires en devises de la Banque du Liban, soit plus de 500 millions de dollars par mois, pour maintenir le taux de change à 24000 livres pour un dollar. La dilapidation des fonds saisis sur les comptes des déposants amenuise les capacités du Liban à se relever de la crise. La classe dirigeante tentent ainsi de circonscrire la grogne populaire à la veille des élections législatives, dans ce qui s’apparente à de la corruption électorale. Son objectif est de droguer les Libanais jusqu’aux élections afin qu’ils ne se soulèvent pas contre la chute de la livre. Par la suite, ils lèveront les mesures prises pour stabiliser le taux de change et le dollar s’envolera de nouveau face à la livre. »

Gemayel a en outre dénoncé le fait que le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, demeurait aux commandes de la BDL, qu’il jouissait du soutien de la classe dirigeante, et qu’il négociait avec le fonds monétaire international, en dépit des mandats d’arrêt émis à son encontre par la justice libanaise, et des poursuites judiciaires dans plusieurs pays européens. « Cette situation est inacceptable et sape la crédibilité du Liban », a estimé le leader des Kataëb.

Et de conclure : « Le changement est à venir. Il faudrait choisir des personnes dignes de confiance, capables de mener le Liban sur la voie de la relance économique, loin des compromis de la classe dirigeante qui devra, par ailleurs, rendre des comptes. Les forces alternatives sont présentes dans toutes les régions du pays. C’est aussi le cas du parti Kataëb. Nous espérons que les citoyens feront le bon choix afin que le nouveau Parlement soit constitué de forces pro-changement, indépendantes, souveraines, luttant en faveur de l’édification d’un nouveau Liban. »