mercredi 8 septembre 2021

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Communiqué du bureau politique du Parti Kataëb - 07/09/2021

La source: Kataeb.org

Le Bureau politique des Kataëb a tenu ce mardi sa réunion hebdomadaire sous la présidence du chef du parti, Samy Gemayel. Dans un communiqué, les participants ont émis des réserves sur certains aspects de la visite officielle à Damas de la délégation libanaise, conduite par la vice-présidente sortante du gouvernement et ministre sortante par intérim des Affaires étrangères, Zeina Acar. Une première en dix ans.
Les responsables libanais étaient chargés de s’entretenir avec les autorités locales quant à la possibilité d’importer du gaz égyptien et/ou de l’électricité jordanienne via la Syrie, malgré les sanctions américaines visant le pouvoir syrien.

Le parti Kataëb a déploré l’absence du drapeau libanais aux côtés du drapeau syrien lors de la lecture du communiqué officiel en clôture de la visite.

« Il s’agit d’une insulte au Liban et aux Libanais. Cela prouve que le régime baasiste de Damas ne reconnaît pas la souveraineté et l’indépendance du Liban. La redynamisation des activités du Haut-Conseil libano-syrien est un symbole lourd de sens qui rappelle la période de la tutelle syrienne sur le Liban. Une tutelle qui a pris fin avec le soulèvement indépendantiste de 2005. »

La signature, en 1991, de l'accord dit de fraternité et de coopération entre le Liban et la Syrie, sous le mandat du président Élias Hraoui, avait donné naissance à un Haut Conseil de coopération libano-syrien au niveau gouvernemental ainsi qu'à un bureau de coopération militaire. Le retrait des troupes syriennes du Liban, en 2005, suivi de l'assassinat du Premier ministre Rafic Hariri puis de l'inauguration, en 2008, de l'ambassade syrienne à Beyrouth ont peu à peu eu raison des activités du Haut Conseil, bien qu'il continue d'exister et que son secrétaire général, Nasri Khoury, effectue de temps à autre des réunions avec les leaders libanais au sujet de questions d'actualité.

Le Parti Kataeb a par ailleurs souligné son refus de surmonter les divergences majeures et les questions en suspens entre le Liban et le régime syrien:

1- Le dossier des détenus libanais dans les prisons syriennes.

2- La démarcation des frontières entre les deux pays.

3- Le retour des réfugiés syriens. 

4- Les mandats d'arrêt émis par la justice libanaise contre des Syriens. (Notamment celui émis contre le chef des services de renseignements syriens, le général Ali Mamlouk, mis en cause dans le cadre d'une affaire d'explosifs transportés de la Syrie au Liban afin d’éliminer des personnalités politiques et religieuses. Ces explosifs avaient été saisis dans la voiture de l'ex-ministre libanais Michel Samaha, arrêté en août 2012. Le général Mamlouk, avait été convoqué par la justice libanaise le 14 janvier 2013, mais il ne s’était pas présenté.)

5- Les mandats d’arrêt émis par la justice syrienne contre des dirigeants libanais.

Le parti Kataëb a par ailleurs mis en garde le Hezbollah et ses alliés contre une instrumentalisation de la visite de la délégation libanaise à Damas, à des fins politiciennes.

« Cette visite ne représente aucunement une quelconque normalisation des relations entre les deux pays, laquelle conduirait davantage le Liban dans le giron de l’axe pro-Iran et des régimes répressifs en voie de disparition. »

Le parti Kataeb a en outre accueilli avec prudence la récente recommandation de la commission parlementaire des Finances et du Budget d’augmenter le taux de conversion et de retrait en livres des devises bloquées par les restrictions bancaires (les dollars bancaires ou lollars).

« Une mesure potentiellement lourde de conséquences sur le plan monétaire, alors que les Libanais subissent au quotidien l’humiliation causées par des pénuries en cascades: rationnements sur l’essence, le pain, les médicaments, etc… La carte de subvention à « saveur électoraliste » n’aura pas les effets escomptés en raison de l’inflation galopante. »

Le parti Kataëb a également dénoncé les tentatives de la classe dirigeante de camoufler la vérité sur les crimes commis à l’encontre des Libanais, accusant le pouvoir de « négligence » et de « complicité ».

« La classe dirigeante a torpillé l’enquête sur la double explosion au port de Beyrouth. Elle aide les accusés à se dérober à la justice. Idem pour l’enquête sur l’explosion d’un camion-citerne à Tleil, dans la région du Akkar (Liban-Nord) le 15 août 2021. On ignore jusqu’à présent les circonstances exactes de la catastrophe et l’identité des personnes impliquées dans ce dossier lié à la contrebande de carburant. »

Le parti Kataëb a par ailleurs exhorté le ministère de l’intérieur à annoncer officiellement sur son site internet la date des prochaines élections législatives. La date du 8 Mai 2022 circule depuis plus d’une semaine sur les réseaux sociaux sans que le ministère ne diffuse un communiqué en ce sens ou ne publie un démenti. Selon les Kataëb, le flou entourant la date du scrutin réveille les soupçons.
Le camp de Samy Gemayel a enfin estimé nécessaire d’abroger l’article 112 de la loi électorale, laquelle réserve six sièges supplémentaires aux députés des Libanais de l’étranger (portant le nombre total de sièges parlementaires à 134). Pour le Parti Kataëb, les Libanais de la diaspora devraient être en mesure de choisir leurs représentants parmi les 128 députés de l’hémicycle afin d’assurer une représentation équitable au Parlement.