mardi 5 octobre 2021

20:40

Communiqué du bureau politique du Parti Kataëb - 05/10/2021

La source: Kataeb.org

Le bureau politique des Kataëb a tenu sa réunion hebdomadaire sous la présidence du chef du parti Samy Gemayel. Dans un communiqué, les participants ont salué la décision de la cour d’appel qui a rejeté les deux recours en dessaisissement du juge Tarek Bitar, en charge de l’enquête sur la double explosion au port de Beyrouth.

« La décision prise par la justice est une mesure audacieuse qui prouve que les juges « courageux » ont un rôle central à jouer pour rectifier le tir et faire appliquer le droit face à un régime qui cherche à torpiller l'enquête et à empêcher que les responsables soient traduits en justice. » note le communiqué.

Connus dans les milieux judiciaires pour être des magistrats intègres, le président de la cour d’appel, Nassib Elia, et ses deux conseillères Mariam Chamseddine et Rosine Hjeily, ont basé leur décision sur un motif d’« incompétence matérielle », indiquant que la juridiction saisie ne peut statuer sur des demandes en récusation d’un juge d’instruction près la Cour de justice.

Le juge Bitar avait été dessaisi temporairement, fin septembre, de l'enquête sur le drame du 4 août 2020, après avoir été officiellement notifié de deux plaintes déposées devant la Cour d'appel par l’ex-ministre de l'Intérieur, Nohad Machnouk et les députés pro-Hezbollah Ali Hassan Khalil et Ghazi Zeaïter.

Le bureau politique des Kataëb a par ailleurs estimé nécessaire que l’enquête soit totalement libre de toute ingérence politique et que le juge d’instruction, qui a fait preuve d'une forte volonté d’établir la justice, puisse révéler toute la vérité sur l’affaire, et par la force des lois, contraindre les responsables présumés impliqués dans le dossier, à répondre de leurs actes.

Le juge Tarek Bitar est au cœur d'une campagne de dénigrement orchestrée par le Hezbollah et a récemment été menacé par Wafic Safa, le chef de la sécurité du mouvement chiite. Son prédécesseur, le juge Fadi Sawan, avait été dessaisi, mi-février 2021, de l'enquête et démis de ses fonctions après des demandes en récusation près la Cour de justice présentées par les députés Khalil et Zeaïter, déjà mis en cause à l'époque.

« Le discours prononcé par le chef du Conseil exécutif du Hezbollah, Hachem Safi al-Din, prouve que le Hezbollah kidnappe le Liban afin de forcer la nation à s’aligner sur l’axe irano-syrien, et ce contre la volonté de l'écrasante majorité des Libanais, plongeant davantage le pays dans l’isolement. » ajoute le communiqué.

La « performance chancelante » du gouvernement prouve une fois de plus que l'approche suivie par la classe dirigeante ne changera pas. Selon le parti Kataëb, les tiraillements au sein du conseil des ministres sont encore cachés sous les cendres, cependant, ils ne tarderont pas à émerger, compromettant de facto le bon déroulement de l’activité gouvernementale, notamment les négociations avec le Fonds monétaire international, la délimitation des frontières maritimes, la réforme du secteur de l'électricité et le financement de la carte de subvention.

« Ce système, sous toutes ses formes, ne pourra réaliser aucun exploit pour sauver le Liban, et le temps perdu par la procrastination s’écoule aux dépens des Libanais, et il n'y a pas d'autre solution que de le démonter par tous les moyens et dans les plus brefs délais. Les Libanais ne pardonneront pas à l'union de la mafia et de la milice, d'avoir accordé la priorité à ses propres intérêts au détriment de l’intérêt de la nation. Le verdict des urnes sera sans appel. Les Libanais choisiront lors des prochaines élections législatives ceux qui les représenteront, ceux qui auront la capacité, la volonté et la crédibilité de sortir le pays de la crise. » souligne le communiqué.
Le Bureau politique des Kataëb a en outre mis en garde contre les tentatives de faire taire la voix des expatriés libanais, et de porter atteinte au principe d'égalité entre les Libanais et la population en diaspora.

Le parti Kataëb et des organisations de la société civile ont récemment mis en garde contre toute atteinte au droit de vote des émigrés, appelant à autoriser leur participation à l'élection des 128 députés de la Chambre, à l'instar des électeurs résidant au Liban, et non seulement de six d'entre eux, tel que cela est prévu par la loi électorale.