mercredi 13 octobre 2021

20:54

Communiqué du bureau politique du Parti Kataëb - 13/10/2021

La source: Kataeb.org

Le bureau politique des Kataëb a tenu sa réunion hebdomadaire présidée par le chef du parti, Samy Gemayel. Dans un communiqué, les participants ont dénoncé les tiraillements au sein du conseil des ministres, divisé sur l’affaire du juge d’instruction, Tarek Bitar, au lendemain du discours du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Naseallah, très critique à l’égard du magistrat en charge de l’enquête sur la double explosion au port de Beyrouth, le 4 août 2020.

« Les divisions partisanes au sein du Conseil des ministres ont démasqué la nature du gouvernement doté d’une indépendance “de façade”. L’exécutif et les institutions publiques sont plus que jamais sous le joug du Hezbollah qui ne reconnaît pas le concept d’un état souverain. Par la force de ses armes, le « parti de Dieu » dicte sa volonté à l’ensemble de le la classe dirigeante, dans ce qui s’apparente à une nouvelle opération des *chemises noires* », souligne le communiqué.

L’affaire du juge Bitar, qui s'est invitée mardi en Conseil des ministres, a failli causer l’implosion du gouvernement Mikati , à peine un mois après sa formation. Lors de la séance ministérielle,  Mohammad Mortada, ministre de la Culture, s'est exprimé au nom de ses collègues chiites pour critiquer l'enquête. Il a également appelé le gouvernement à prendre position (comprendre à remplacer le magistrat) et brandi la menace d’une démission des ministres chiites.

Plusieurs responsables politiques, notamment des députés chiites gravitant dans l'orbite du Hezbollah, sont poursuivis par le juge Bitar, dans l'enquête sur le drame qui a fait plus de 200 morts et 6.500 blessés et détruit des quartiers entiers de la capitale libanaise. Lundi, Hassan Nasrallah avait accusé le magistrat de faire du ciblage politique et de ne pas vouloir révéler la vérité sur la catastrophe du 4 août 2020, appelant à son remplacement.

Selon le parti Kataëb, les agissements du Hezbollah et de la classe dirigeante s’opposent aux fondements de l'État et au principe de séparation des pouvoirs, et menace de faire tomber ce qui reste de la justice libre et impartiale.
« Il s’agit d’une tentative de museler les courageux juges libanais qui refusent de se plier aux menaces et à l’intimidation, et ceci ne saurait être toléré plus longtemps et sera confronté comme il se doit. », note le communiqué.

Le bureau politique des Kataëb a par ailleurs dénoncé la mise en scène orchestrée par le Hezbollah et le gouvernement lors de la visite du ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian à Beyrouth, la semaine dernière.

« Il s’agit d’une consécration de la mainmise de l’Iran sur le Liban. Nous refusons que la nation soit prise en otage par la République islamique. Les propos du chef de la diplomatie iranienne et d’Hassan Nasrallah, présentant l’Iran comme un pays ami du Liban, sont fallacieux. L’Iran et le Hezbollah sont tenus de libérer le Liban, afin que son peuple jouisse à nouveau de sa liberté. » poursuit le communiqué.

Le parti Kataëb a en outre critiqué le gouvernement Mikati pour son incurie à tous les niveaux.

« Ce gouvernement n'a pas réussi jusqu'à présent à prendre une seule mesure dans la bonne direction. Il s’octroie maintes chances pour échapper à ses responsabilités en raison des divergences qui opposent les parties au pouvoir sur plusieurs dossiers: les législatives, la démarcation des frontières maritimes, les négociations avec le FMI, la réforme du secteur de l'électricité, la crise du carburant, etc… », indique le communiqué.

Le bureau politique du parti Kataëb a également tiré à boulets rouges contre le Parlement, notamment pour son cafouillage dans le dossier de la loi électorale.

« Toute cette attitude arbitraire vis-à-vis des décisions les plus importantes pour le Liban vise à maintenir l'ambiguïté jusqu'au dernier moment et à saper la démocratie des élections. Il s’agit d’une tentative de nourrir les craintes et les doutes des Libanais quant à l’avènement du changement, et d’empêcher les Libanais de la diaspora de participer à l’élection des 128 députés du parlement. » précise le communiqué.

Le parti Kataëb a mis en garde la classe dirigeante contre toute tentative de torpiller le scrutin législatif, affirmant qu'il s'y opposera et déploiera tous les efforts nécessaires afin de protéger le droit de vote des Libanais et de la population en diaspora.

« Le désir de changement s’exprimera dans les urnes afin d’élire des personnes capables de défendre la souveraineté et les intérêts du Liban, et qui agissent en toute intégrité et honnêteté pour paver la voie aux réformes nécessaires au sauvetage politico-économique du Liban » conclut le communiqué.