lundi 18 octobre 2021

19:29

Communiqué du bureau politique du Parti Kataëb - 18/10/2021

La source: Kataeb.org

Le bureau politique des Kataëb a tenu sa réunion hebdomadaire au siège du parti à Saïfi. Dans un communiqué, les participants ont dénoncé la mainmise du Hezbollah sur l’ensemble du pouvoir politique libanais: le parlement, le gouvernement et la présidence de la république. Ils ont également estimé que le « parti de Dieu » cherchait désormais à subjuguer le pouvoir judiciaire et l’armée; et à les annihiler. 

Plusieurs responsables politiques, notamment des députés chiites gravitant dans l'orbite du Hezbollah, sont poursuivis par le juge d’instruction Tarek Bitar dans l'enquête sur la double explosion au port de Beyrouth qui a fait plus de 200 morts et 6.500 blessés et détruit des quartiers entiers de la capitale libanaise. Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a récemment accusé le magistrat de faire du ciblage politique et de ne pas vouloir révéler la vérité sur la catastrophe du 4 août 2020, appelant à son remplacement. 

« Le Hezbollah place les autorités libanaises et la nation devant deux choix: soit l’abandon des poursuites judiciaires et le dessaisissement du juge Bitar, soit la stabilité ! Et pour cela, il n'hésitera pas à compromettre la paix civile », souligne le communiqué. 

Sept personnes ont été tuées et une trentaine blessées, jeudi dernier, lors de tirs pendant une manifestation organisée à Beyrouth par les mouvements chiites Hezbollah et Amal pour exiger le limogeage du juge Bitar.

« La menace d’une guerre imminente brandie par la classe dirigeante, et les campagnes d’intimidation orchestrées par le Hezbollah contre le courageux juge Bitar qui cherche la vérité et tente d’établir les responsabilités, ne sont qu'une fuite en avant pour échapper au « châtiment ». Leur objectif est de détourner l'attention du crime atroce commis contre les Libanais lors de la double explosion au port. Le Liban ne pourra se relever tant qu’il est dirigé par une milice armée qui menace la population à chaque échéance cruciale », poursuit le communiqué. 

L’éruption de violences à Tayouneh-Aïn El-Remmeneh, qui a terrorisé les enfants des écoles alentours et fait fuir des familles entières, a ravivé le souvenir des années noires de la guerre civile libanaise.

« Il est inadmissible que des citoyens, vivant en paix dans leur domicile, soient attaqués de la sorte. Ce qui s'est passé à Tayouneh n'est pas uniquement une confrontation entre deux camps. C’est aussi la logique de l'État et ses institutions qui vient s’opposer à la logique de l’absence de l’état et du règne des milices », note le communiqué. 

Selon le parti Kataëb, l’armée devrait prendre des mesures exceptionnelles et frapper d’une main de fer. Elle devrait ainsi investir équitablement toutes les régions du Liban, y compris celle de Aïn el-Remmané, pour désarmer la population, sans exception. 

« La classe dirigeante et le Hezbollah cherchent à instrumentaliser les incidents de Tayouneh dans le but de raviver la flamme du sectarisme à l’approche des élections législatives ou de compromettre la tenue du scrutin qui devrait inévitablement conduire au changement et à la naissance d’un nouveau Liban », affirme le communiqué. 

A l’occasion du deuxième anniversaire du soulèvement populaire du 17 octobre 2019, le Parti Kataëb a estimé que le changement réclamé par les mouvements souverainistes nécessite une bataille à l’échelle nationale, loin des considérations confessionnelles, auxquelles carburent le Hezbollah et la classe dirigeante.