mercredi 19 janvier 2022

12:49

Communiqué du bureau politique du Parti Kataëb - 18/01/2022

La source: Kataeb.org

Le Bureau politique des Kataëb a tenu sa réunion hebdomadaire dirigée par le chef du parti, Sami Gemayel, et après délibération, le communiqué suivant a été publié:
La reprise des réunions du conseil des ministres après trois mois d’interruption et l’accord en ce sens conclu entre les différentes parties au pouvoir constituent le plus gros troc qui ait jamais existé, et ce aux dépens de la justice, des institutions, de la Constitution et du droit des victimes et des familles des martyrs à la vérité sur la double explosion au port de Beyrouth. Cet accord intervient au terme d’une campagne politico-judiciaire orchestrée par la classe dirigeante contre Tarek Bitar, le juge d’instruction en charge du dossier, empêchant le magistrat de poursuivre son enquête et de publier son acte d’accusation afin que les responsables soient jugés.

La reprise du travail gouvernemental après le feu vert du tandem chiite (à comprendre Hezbollah-Amal) démontre une fois de plus que le Liban n’est pas maître de ses décisions et que sa souveraineté dépend de l'intérêt du Hezbollah et de ses partisans. En effet, le gouvernement et ceux qui en font partie sont soumis aux diktats du « parti de Dieu » qui ne servent en rien les intérêts des Libanais, en proie à une crise socio-économique sans précédent.

Les solutions avancées par la classe dirigeante pour sortir le Liban de la crise demeurent palliatifs. L’élaboration du budget de l’état 2022 ne peut se faire en l’absence d’un plan prédéterminé, d’une politique monétaire stable, d’une stratégie régissant les politiques commerciales et les dépenses publiques qui répondraient aux attentes du Fonds monétaire international. Toutefois, le gouvernement ne pourra satisfaire ses mesures tant qu’il demeure soumis à un agenda conditionné par des points prédéterminés et gouverné par différentes parties dont les priorités et les intérêts divergent avec ceux de la nation, nécessitant un plan de redressement global.

Les récentes manœuvres financières opérées par la Banque du Liban pour freiner la volatilité de la parité dollar/L.L s’inscrivent dans le cadre d’un accord conclu entre la mafia et la milice afin d’éviter « la noyade » avant les élections législatives, et ce aux dépens du peuple libanais et de leurs économies. « Si cette procédure était concevable, alors pourquoi n'a-t-elle pas été adoptée avant que la livre ne s'effondre ainsi que les moyens de subsistance des Libanais ? Il s’agit d’un crime prémédité », note le communiqué.

Toute solution à la crise nécessite le rétablissement de la décision souveraine du pays et le départ de la classe dirigeante. Le sort du Liban et l’avenir de son peuple se joueront dans les urnes lors des prochaines législatives. Le bureau politique des Kataëb met en garde contre les fraudes électorales après la découverte de plusieurs irrégularités de procédure, telles que l’ouverture prématurée du registre d'inscription des candidatures avant le mois de février, comme le prévoit la loi, le retard dans la nomination des membres de l’organe chargé de surveiller les élections, l’absence de mesures claires régissant le financement des partis politiques et les dépenses électorales à la lumière de la forte volatilité de la livre libanaise. Dans ce contexte, la présence d’observateurs internationaux lors des législatives prévues le 15 mai 2022 est nécessaire afin de garantir la transparence et le bon déroulement du scrutin.