mercredi 2 mars 2022

13:52

Communiqué du bureau politique du Parti Kataëb - 01/03/2022

La source: Kataeb.org

Le Bureau politique des Kataëb a tenu sa réunion hebdomadaire dirigée par le chef du parti, Sami Gemayel. Dans un communiqué, les participants ont estimé que les propos du chef du groupe parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, concernant la délimitation de la frontière maritime avec Israël, prouvent que la classe politique demeure soumise au diktat du Hezbollah et de son parrain, l’Iran.

« Pour la dernière fois, que ceux qui s’estiment responsables de la gouvernance du pays et qui négocient avec les émissaires internationaux, admettent qu’ils ne représentent en réalité qu’un paravent à une volonté régionale qui les manipule. Il serait plus utile pour eux de démissionner de leurs responsabilités que de rester dociles sur des chaises en carton », indique le communiqué.

Le Bureau politique, qui a dénoncé l’hégémonie du Hezbollah sur l’Etat, a indiqué que le principal but de la bataille consiste à libérer la souveraineté du Liban de l’emprise du « parti de Dieu ». Il appelle en outre à faire la lumière sur l’affaire de la brève disparition de la lettre du Liban publiée fin janvier sur le site web de l’ONU et dans laquelle Beyrouth définit sa Zone économique exclusive, alors que les Libanais ignorent la réalité des négociations cruciales entourant ce dossier soumis à la volonté du Hezbollah.

« Le parti Kataëb refuse la cession, ne serait-ce que d’un mètre, d’une partie de la frontière maritime du Liban et appelle à la signature d’un décret pour corriger le tracé des frontières maritimes. Ce processus devrait être tenu à l’abri des surenchères et des manigances afin que le Liban puisse renforcer sa souveraineté sous les auspices de l’ONU. Le parti Kataëb appelle également à œuvrer à la délimitation de la frontière avec la Syrie, au déploiement de l'armée à la frontière et à mettre fin aux atteintes à la sécurité et à l’économie du Liban », précise le communiqué.

Le Bureau politique a en outre estimé que l’hégémonie du Hezbollah sur l’Etat se reflète dans la performance du gouvernement qui gère désormais les affaires du pays en faisant des compromis au détriment des normes constitutionnelles afin d’éviter que des querelles n’éclatent au sein de la classe dirigeante. Le communiqué du ministère des Affaires étrangères concernant la guerre russo-ukrainienne et le décret sur l’augmentation des prix du passeport ne sontque les derniers exemples en date de l’hégémonie du Hezbollah.

« Il ne fait nul doute que la classe dirigeante cherche à saper les élections municipales après que le ministre de l'Intérieur ait annoncé son intention de reporter le scrutin pour des raisons logistiques et matérielles. Le Bureau politique met en garde contre toute tentative de violer à nouveau les délais constitutionnels sous quelque prétexte que ce soit pour échapper à la responsabilité, et souligne la nécessité d'élire les conseils municipaux dans les délais constitutionnels spécifiés afin qu'ils puissent remplir pleinement leur rôle en se tenant aux côtés des Libanais dans ces circonstances », note le communiqué.

Le bureau politique a par ailleurs mis en garde contre un éventuel report des élections législatives, sous prétexte de sécurité, à la lumière du récent démantèlement d’une cellule terroriste qui planifiait de commettre vers la mi-février trois attentats-suicides dans la banlieue sud de Beyrouth.

« Le parti Kataëb s’opposera, par tous les moyens disponibles, à toute tentative d’ajourner le scrutin qui devrait se dérouler sous contrôle internationale, et remercie l’Union Européenne d’avoir nommé une délégation pour superviser les élections. Le parti Kataëb appelle les institutions internationales compétentes à prendre des mesures similaires pour assurer le bon déroulement du processus électoral », souligne le communiqué.

« La classe dirigeante commet le plus grand crime en entravant la justice dans la double explosion au port de Beyrouth et en empêchant les familles des martyrs de connaître les responsables de la mort de leurs proches, et ceux qui ont causé du tort à des milliers de personnes et détruit la capitale. La classe dirigeante maintient son emprise sur le pouvoir judiciaire pour occulter les faits et empêcher l’imputabilité. Les parties au pouvoir ont affiché leur solidarité au parlement pour enterrer une fois de plus la proposition de loi sur l'indépendance du pouvoir judiciaire. Le texte a été renvoyé en commission au lieu d’être approuvé en urgence », conclut le communiqué.