mercredi 30 mars 2022

13:57

Communiqué du bureau politique du Parti Kataëb - 30/03/2022

La source: Kataeb.org

Le Bureau politique des Kataëb a tenu sa réunion hebdomadaire dirigée par le chef du parti, Samy Gemayel, et après délibération, le communiqué suivant a été publié :

1-      Après deux ans et demi de tergiversations et la dilapidation des réserves en devises étrangères à hauteur de 20 milliards de dollars, la classe dirigeante livre une nouvelle prestation théâtrale en présentant le projet de loi sur le contrôle des capitaux. En l’absence d’un plan de sauvetage en bonne et due forme, toutes ces démarches resteront vaines. L’approche adoptée par la classe dirigeante concernant ce dossier confirme la légèreté et l’irresponsabilité avec lesquelles le pouvoir agit pour régler la plus grande crise que le Liban ait traversée. Une crise qui affecte la vie des citoyens et les fonds des déposants. Les tiraillements entre le parlement et le gouvernement au sujet du projet de loi ont éclaté au grand jour, alors que la délégation du Fonds monétaire international attend toujours des réponses aux conditions du fonds pour le déblocage d’une assistance financière au Liban. Le bureau politique s’étonne de la rapidité avec laquelle les députés se sont empressés de rejeter le projet de loi qui a pourtant été concocté par des ministres appartenant à leurs formations politiques : soit parce que les décisions sont prises à leur insu, et donc, en quoi leur présence au parlement serait-elle utile ? Soit parce qu’ils sont complices et tentent de se dissocier de ce projet de loi qui nuirait à leurs intérêts personnels à la veille des législatives.

2-      La classe dirigeante devrait fournir aux Libanais des explications transparentes et franches concernant le gel par la France, l'Allemagne et le Luxembourg de 120 millions d'euros d'avoirs libanais, suite à une enquête pour blanchiment d'argent. La classe dirigeante devrait divulguer officiellement les noms des personnes visées par l’enquête, bien que ceux-ci soient connus de tous, et procéder aux interrogatoires dans les plus brefs délais. Le Bureau politique regrette que de telles initiatives soient prises par des juridictions étrangères, alors que la justice libanaise demeure minée par l'ingérence aléatoire du pouvoir politique, et les Libanais en payent le prix.

3-      Le sauvetage du Liban nécessite que l’opposition unisse ses efforts pour constituer un front capable de faire face à la classe dirigeante, et que les Libanais saisissent l’opportunité des élections législatives pour voter de façon juste et ainsi détrôner tous les représentants du pouvoir. Objectif : paver la voie parlementaire aux forces pro-changement constituées de jeunes hommes et femmes crédibles, compétents, capables de se soulever contre les projets douteux, de restituer la souveraineté et l’autodétermination du Liban et de mettre fin au clientélisme et aux compromis politiques.

4-      Le bureau politique des Kataëb estime que le timing des poursuites engagées en ce moment par la justice contre le chef du parti des Forces Libanaises, Samir Geagea, est suspect. L’attaque contre la région de Aïn el-Remmaneh et ses habitants était diffusée en direct sur les chaînes de télévisions. Ceux qui ont tiré en l'air étaient visibles sur les écrans. Leur identité et leur appartenance politique sont connues de tous, mais, jusqu’ à ce jour, pas un seul responsable n’a été convoqué. Nous rejetons cette forme de justice sélective et les enquêtes en cours sont désormais considérées suspectes.

5-      Le bureau politique rejette les campagnes d’intimidation orchestrées contre les médias. La dernière en date vise le journaliste Marcel Ghanem et la chaîne de télévision libanaise MTV, poursuivis par la juge Ghada Aoun pour diffamation et calomnie. Cette mesure constitue une violation flagrante de la Constitution libanaise, qui garantit la liberté d’opinion et d’expression. Toutes les tentatives visant à museler la liberté d'expression ont échoué et ne réussiront pas à faire taire les voix libres et à les empêcher de défendre la vérité.